Archibald,  Eau,  histoire

Les chroniques d’Archibald 1

Tauranga, Automne 825,

Voici quelques semaines que je suis rentré de mon périple dans les contrées du Sud. J’ai voyagé depuis la grande cité de Métalia où j’ai réalisé mes études auprès des érudits de Paper Peace, le collège administratif. J’écris désormais mes mémoires dans une cité bien différente d’alors. Mais qui aurait pu imaginer ce qui allait se produire à ce moment-là. Certes pas moi.  

Nous étions au début du printemps à Métalia. Je venais de finir mes études et avait rassemblé un petit pécule pour un voyage d’étude. Je n’avais guère d’affaires à emporter espérant bien trouver des souvenirs et des affaires à ramener. La cité reprenait une activité soutenue au sortir de l’hiver. Il est vrai que la cité ne veille que très peu et même l’hiver, du fait de sa position centrale et des organes vitaux du pouvoir politique,  elle est toujours trépidante de vie. La ville est composée de nombreux quartiers chamarrés et hétéroclites, en dehors des quartiers administratifs de Paper Peace et des grandes institutions comme la Régence et l’Elemantary School qui nous gouvernent. Le long du fleuve Akaba se trouve le quartier des dockers, des pêcheurs et pas seulement de poissons. L’Iron Market et ses milliers d’échoppes et de camelots se situent non loin au centre de la ville. L’arène de combat qui est utilisée tous les 5ans pour les élections trône fièrement à l’Est de la cité. C’est là où j’habite. Là où j’ai toujours habité. Là où j’ai grandi. Là où j’ai étudié l’archéologie, l’anthropologie et surtout les sciences des adeptes. Mais je m’égare encore une fois. Reprenons.

J’ai donc quitté Métalia au début du printemps alors que les vents du Sud commençaient à peine à nous apporter les premiers pollens des Terres fertiles et que les vents du Nord nous apportaient enfin la chaleur tant espérer. Les jours étaient de plus en plus longs et je comptais bien en profiter. Un ami d’un ami d’un ami avait réussi à me négocier un billet pour le Vapeur. Ce dernier est l’un des rares vestiges de technologies toléré par la Régence. Il relie avec une vitesse prodigieuse, les deux grandes cités, Métalia et Tauranga. Il passe bien sûr par Kor, la cité fortifiée qui assure la protection du grenier à grains d’Elestria. Mais mon objectif restait Tauranga et passer par l’Arteriae m’aurait pris un temps infini. Il y a presque 1000 km entre Métalia et Aquaria et la vieille mais historique et vénérable route est bien peu entretenu et n’est pas aussi rapide que le train.

Je partais donc dans cet engin de fer et de vapeur, sentant l’âcre fumée du Sual brûlé. Il y a avait bien peu de passagers privilégiés comme moi mais surtout de très nombreuses marchandises. Je montais à bord et me voilà partir vers l’aventure.

Les terres fertiles sont magnifiques en cette saison. Les champs commencent à se parer de multiples couleurs alors que les céréales, les légumes et les fruits commencent à poindre. L’odeur du printemps est revigorante mais le paysage finit tout de même par vite me lasser. Les terres fertiles sont constituées de champs à perte de vue sur des kilomètres et des kilomètres, seulement ponctués par quelques villages de ci de là. Je ne me suis guère intéressé à la ville de Kor. Le chargement et le déchargement s’est réalisé rapidement et il n’y avait que des marchandises et des ouvriers à voir.

Ce fut l’odeur de la mer qui me cueillit en premier dans une brise fraîche de début de soirée. L’odeur d’iode et de sel n’avait précédé que de peu l’apparition, à l’horizon, des deux immenses colosses de pierre qui caractérisent Tauranga. L’étendue de l’océan parut rapidement ensuite alors que les colosses ne cessaient de grandir dans mon champ de vision. Nul ne connait d’ailleurs la raison de leurs présences ni celui ou celle qui a bien pu les construire.

L’humidité est palpable dans cette ville à moitié immergé. Mon accoutrement n’est pas des plus serviables en ces lieux. Cependant, je trouve rapidement de quoi m’acclimater. Quelques pièces de Luskir, un peu de Yomuwhan tressés, et me voilà, habiller comme un vrai Aqua. L’auberge où je passe quelques jours est une auberge d’Aqua, c’est-à-dire qu’elle est en partie immergée dans l’océan et que l’humidité y règne sciemment en maître. Cependant, c’était le lieu le moins cher et le plus traditionnel, le plus authentique. Les Aquas y venaient souvent même des rares sybilles et génies de l’eau. Les généasis étaient plus fréquents tout comme les sirènes et les tritons. La nourriture était par contre délicieuse si l’on aime manger frais voire cru et assez salé. Les boissons sont plus ternes car il n’y a que de l’eau ou des alcools tellement diluées que je n’appellerai pas çà de l’alcool. Il est bien certain que lors de mon séjour, je m’étais abstenu de tout commentaire de ce genre. La communauté de l’Océan est un royaume composé de nombreuses communautés particulièrement soudées. Il est donc déconseillé de s’attaquer ou de critiquer un de ses membres ouvertement aux risques d’avoir des ennuis en quantité.

Durant ma courte escale, j’ai goûté de nombreux plats, rencontrer de nombreuses personnes. Mais je restais sur ma faim. Je voulais en voir plus et donc je devrais très certainement plonger dans l’océan lui-même pour découvrir le reste de la ville et aller si possible jusqu’à Aquaria.

Au détour d’une ruelle, je découvrais une modeste échoppe. La tenancière, une sybille de l’Eau, Altara Labeomi, proposait de nombreux articles issus de la mer. Il y avait toutes sortes de mets, de produits cosmétiques, de vêtements, de flacons et de parfums. Je m’adressais à elle alors que je cherchai un moyen pour un humain comme moi de respirer sous l’eau ou en tout cas de parcourir les fonds marins sans aide. Elle négocia âprement comme elle le fait encore aujourd’hui lorsque je lui passe commande et que nous sommes désormais amis. J’obtins finalement satisfaction. Elle me proposa une sorte de peinture opaline. Je devais l’utiliser pour dessiner ce dont j’avais besoin où j’en avais besoin et espérer parcourir le monde silencieux sous-marin.

Je décidai de lui faire confiance et je me dirigeais alors vers la descente inondée, la fin de l’Arteriae qui relie Aquaria à Métalia et qui comme son nom l’indique est immergée en totalité.

A suivre

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